Sablés de nançay ou forestines de bourges : mon camp est choisi après plusieurs dégustations

juin 28, 2026

Le sachet de sablés de Nançay a craqué entre mes doigts, et l'odeur de beurre a rempli la cuisine avant même la première bouchée. Au fond du sachet, j'ai trouvé des miettes, comme une promesse déjà un peu cassée. Depuis la région de Poitiers, je suis parti 2 heures en Berry, du côté de Nançay et Bourges, pour comparer un petit coffret acheté comme souvenir local. Je suis rédacteur gastronomique au magazine Le Floroine, spécialiste des traditions culinaires régionales, et je vais te dire ce que j'ai retenu de Nançay et de Bourges, sans forcer le trait.

Le jour où j’ai compris que ce n’était pas qu’une question de saveur

À la maison, avec ma femme et mes deux enfants de 7 et 10 ans, je regarde toujours le même trio avant de me décider : la casse, le goût, et la quantité réelle dans la boîte. J'aime les biscuits qui parlent franchement de beurre et de terroir, pas les achats qui font joli dix minutes puis disparaissent. Le petit coffret de Nançay ou de Bourges m'intéressait pour ça, parce qu'un souvenir local doit aussi tenir jusqu'au café du lendemain. Mon budget reste modéré, alors je supporte mal les paquets qui donnent l'impression d'avoir payé du vide.

Moi, rédacteur gastronomique au magazine Le Floroine, j'avais surtout en tête deux clichés. Le sablé de Nançay passait pour le champion du pur beurre, avec une friabilité nette et une odeur chaude dès l'ouverture. La forestine de Bourges, je la rangeais dans la case douceur rétro, presque un bonbon de table un peu sage. J'étais sûr de moi, et j'ai vite compris que ce genre de jugement me fait par moments dérailler.

À la première bouchée, la forestine m'a surpris plus que prévu. Son craquant sec, bref, a laissé place à une douceur fondante qui m'a fait lever les sourcils. Le sablé, lui, m'a confirmé ce que j'attendais, avec une cassure nette et un goût de beurre qui prend toute la bouche. J'ai été convaincu par le sablé, mais j'ai aussi changé d'avis sur la forestine, et ça ne m'arrive pas tous les jours.

Le détail que je n'arrive pas à recycler ailleurs, c'est la poudre au bout des doigts. Avant même d'arriver à la bouche, le sablé se défait un peu, avec cette sensation presque sableuse qui annonce la suite. Quand mon fils de 10 ans a pris un morceau, il a laissé une ligne de miettes sur la nappe en toile cirée. Là, j'ai compris que la texture comptait autant que le parfum de beurre.

Ce qui fait la différence quand on mord dedans : texture et goût en détail

Le sablé de Nançay me plaît quand la cassure est franche. Tu poses le biscuit, tu le presses à peine, et il rend une poussière fine avec un fond très beurré. À l'ouverture, l'odeur est chaude et pâtissière, presque comme une pâte qui sort du rouleau. J'aime l'ouvrir le soir, vers 19 h 30, quand la cuisine s'est calmée, parce que ce nez-là ne supporte pas le bruit autour.

La forestine de Bourges joue un autre morceau. D'abord, il y a ce petit craquant sec, très bref, puis la douceur prend la place et le sucre monte vite. Je la trouve plus dense, plus serrée en bouche, et presque collante si je la laisse dans une cuisine trop chaude. Dans un petit coffret de 100 g, cette impression rétro marche bien, parce qu'on sait tout de suite à quoi s'attendre.

Le point faible du sablé, c'est la casse en transport. Un sachet posé au fond d'un sac, sans boîte rigide, finit en éclats, et le bruit des morceaux qui s'entrechoquent m'a servi de rappel plus d'une fois. L'humidité l'abîme aussi vite. Je l'ai laissé ouvert une matinée sur le plan de travail, et la friabilité s'est tassée presque à vue d'œil.

Un soir, je suis rentré avec un sachet qui avait passé le trajet dans un sac de courses. À l'ouverture, j'ai retrouvé surtout des miettes et deux gros morceaux, rien . J'ai fini par transvaser le reste dans une boîte hermétique, et le résultat a changé net. La texture est restée friable plus longtemps, sans ce côté ramolli qui me saoulait, oui je sais, j'avais fait l'erreur classique.

Quand ça vaut le coup et quand je dois passer son chemin

Le sablé de Nançay fonctionne bien pour un couple qui aime le beurre franc et veut un biscuit à poser avec le café. À la maison, avec des enfants, il marche aussi si la boîte reste bien fermée et si on l'ouvre vite. Pour un coffret de 150 g à 8 euros, le plaisir reste net, parce que chaque pièce garde du relief.

La forestine de Bourges convient mieux à quelqu'un qui aime les douceurs sucrées et le contraste entre le croquant et le fondant. En prendre 3 avec un café, plutôt que 8 d'un coup, suffit largement. Le côté rétro me va bien ici, et je comprends l'achat souvenir dans un petit coffret de 100 g glissé dans une valise.

Je mets de côté les gens qui veulent un biscuit solide pour le sac à dos, la voiture, ou le cartable d'un enfant de 7 ans. Le sablé se casse trop vite et la déception arrive avant la table. Je mets aussi de côté ceux qui fuient le sucre, parce que la forestine peut vite devenir lourde, surtout après la deuxième pièce. Dans ces profils-là, le plaisir se transforme en petit agacement.

Quand je veux moins de casse, je regarde vers des biscuits plus fermes, comme un palet breton. Quand je veux moins de sucre, je laisse la forestine sur l'étagère. J'ai fini par comprendre, un peu tard, que le bon achat n'est pas le plus joli coffret. C'est celui que tu ouvres sans mauvaise surprise, avec des biscuits qui restent lisibles du premier au dernier.

Mon verdict : pour qui oui, pour qui non

POUR QUI OUI, je mets le sablé de Nançay devant si tu veux un biscuit franc, beurré, et lisible, avec une boîte qui se vide lentement si tu la fermes bien. Avec mes deux enfants, c'est celui qui passe le mieux quand on partage 4 pièces, parce que le goût reste net jusqu'à la fin. La forestine garde une place chez quelqu'un qui accepte une confiserie plus sucrée et un petit paquet pour le café.

POUR QUI NON, je passe mon chemin pour le sablé quand je sais qu'il va finir au fond d'un sac sans protection. Je passe mon chemin pour la forestine quand je cherche une gourmandise plus profonde que le sucre, parce qu'elle part vite dans cette direction. Le rapport quantité-prix des deux me paraît raide, et la boîte de Bourges me laisse plus de vide que de surprise.

Mon verdict : je choisis les sablés de Nançay, parce qu'ils me donnent plus de relief, plus de beurre, et une vraie place à table, à condition de les garder dans une boîte hermétique. Pour quelqu'un qui accepte de surveiller la casse et de les manger assez vite, le choix est clair. Entre un sachet de Nançay et une boîte de forestines de Bourges, même signée Maison Fossier, je reviens au sablé sans hésiter.

Léandre Vauclair

Léandre Vauclair publie sur le magazine Le Floroine des contenus consacrés à la gastronomie française, aux recettes du quotidien, aux produits du terroir et aux traditions régionales. Son approche éditoriale repose sur la clarté, la transmission des bases et une lecture progressive des gestes culinaires pour aider les lecteurs à mieux comprendre et pratiquer la cuisine française.

BIOGRAPHIE